{"id":494,"date":"2016-10-04T07:51:48","date_gmt":"2016-10-04T07:51:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.fil-info-francophonie.com\/?p=494"},"modified":"2018-06-25T07:53:19","modified_gmt":"2018-06-25T07:53:19","slug":"lheritage-musical-francophone-oublie-de-john-littleton","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.fil-info-francophonie.com\/?p=494","title":{"rendered":"L\u2019h\u00e9ritage musical francophone oubli\u00e9 de John Littleton"},"content":{"rendered":"<p><em>Si les publics francophones connaissent le Gospel depuis longtemps, c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 des &lsquo;passeurs&rsquo;, souvent protestants, qui ont su acclimater ce genre musical venu des Etats-Unis.<\/em><\/p>\n<p><em>Le plus grand d\u2019entre eux reste aujourd\u2019hui largement oubli\u00e9 : il s\u2019agit de John Littleton, natif de Louisiane. Quelle est son histoire ?<br \/>\n<\/em><br \/>\nIl commence \u00e0 se faire conna\u00eetre au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, d\u2019abord en France puis \u00e0 l\u2019international, de Montr\u00e9al (Canada) \u00e0 Port-au-Prince (Ha\u00efti). Il va devenir un vecteur d\u00e9cisif du rapprochement entre les univers de la francophonie et du Gospel. On s\u2019inscrit alors dans le contexte qui suit imm\u00e9diatement Vatican II, qui permet d\u2019introduire \u00ab du gospel dans la liturgie catholique (mais aussi dans les carnets de chant des scouts de France \u00bb[1]. Yves Raibaud fait remarquer que \u00ab cette introduction des musiques noires dans la liturgie avait \u00e9t\u00e9 anticip\u00e9e par l\u2019\u00c9glise protestante. Un certain nombre de figures artistiques l\u2019ont incarn\u00e9e, en particulier celle du chanteur noir am\u00e9ricain John Littleton, qui avait enregistr\u00e9 plusieurs versions de Let my people go, un \u00ab bis \u00bb qui lui \u00e9tait r\u00e9clam\u00e9 \u00e0 la fin de chaque concert \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Qui est ce John Littleton (1930-1998) ?<br \/>\n<\/strong><br \/>\nTomb\u00e9 dans un oubli relatif aujourd\u2019hui, il va pourtant comme nul autre populariser et expliquer, en France m\u00e9tropolitaine et dans la francophonie, l\u2019essence du Gospel et des Negro Spirituals. Ce fils de pasteur baptiste am\u00e9ricain, tomb\u00e9 amoureux d\u2019une Fran\u00e7aise et install\u00e9 en France apr\u00e8s sa d\u00e9mobilisation de l\u2019arm\u00e9e, avait une voix exceptionnelle. Habitu\u00e9 des ch\u0153urs Gospel et des exercices en soliste, il a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 au Conservatoire National de Paris, d\u2019o\u00f9 il sort laur\u00e9at du premier prix de chant et du premier prix d\u2019op\u00e9ra. Dans les ann\u00e9es 1960 et 1970, il n\u2019a pas son pareil pour magnifier les grands r\u00e9pertoires Gospel, n\u2019h\u00e9sitant pas aussi \u00e0 r\u00e9interpr\u00e9ter en langue fran\u00e7aise, dans un style diff\u00e9rent. Auteur d\u2019une oeuvre ph\u00e9nom\u00e9nale qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 plus de soixante-quinze disques, couvert de r\u00e9compenses (le Grand Prix du disque Charles Cros, la L\u00e9gion d\u2019Honneur), il a contribu\u00e9 \u00e0 stimuler toute une g\u00e9n\u00e9ration de chanteurs et chanteuses chr\u00e9tiens comme le P\u00e8re Bernard, un Franciscain qu\u00e9b\u00e9cois, ou la religieuse belge S\u0153ur Sourire (1933-85), interpr\u00e9t\u00e9e au cin\u00e9ma en 2009 par C\u00e9cile de France.<\/p>\n<p><strong>Quid de son oeuvre aujourd\u2019hui ?<br \/>\n<\/strong><br \/>\nEn d\u00e9pit des millions d\u2019exemplaires de disques vendus, John Littleton \u00e9tait tr\u00e8s r\u00e9tif \u00e0 la publicit\u00e9, et aux m\u00e9dias. Aux projecteurs, ce descendant d\u2019esclaves, tr\u00e8s pieux, pr\u00e9f\u00e9rait la lumi\u00e8re des \u00e9glises, quelle que soit leur \u00e9tiquette confessionnelle. Son image sage et religieuse ne convenait pas du tout \u00e0 la critique culturelle de l\u2019\u00e9poque, dont les yeux et les oreilles se tournaient vers d\u2019autres horizons. Si bien que l\u2019oeuvre et l\u2019h\u00e9ritage de Littleton sont presque tomb\u00e9s dans l\u2019oubli aujourd\u2019hui. Aucune biographie ne permet, pour le moment, de retracer le d\u00e9tail de son itin\u00e9raire d\u2019artiste au talent fulgurant. Et pourtant ! Accueilli \u00e0 bras ouverts dans les \u00e9glises catholiques, extr\u00eamement connu \u00e0 l\u2019international, du Japon au Cameroun en passant par les Etats-Unis, la Pologne et le Liban, ce chantre protestant au timbre d\u2019exception a largement favoris\u00e9 le rapprochement du Gospel, des Spirituals et du monde francophone, m\u00eame s\u2019il a toujours pris grand soin de ne jamais plagier, en fran\u00e7ais, ce qu\u2019il savait si bien chanter en anglais : les nombreux standards qu\u2019il a l\u00e9gu\u00e9s en langue fran\u00e7aise ne sauraient ainsi, pour la grande majorit\u00e9 d\u2019entre eux, \u00eatre qualifi\u00e9s de Gospel francophone. Last but not least, John Littleton a aussi beaucoup contribu\u00e9 au renouvellement du r\u00e9pertoire des c\u00e9l\u00e9brations de la messe, avec en particulier l\u2019exceptionnel succ\u00e8s des chansons (en langue fran\u00e7aise) du disque \u00ab Amen \u00bb, compos\u00e9es par Odette Vercruysse. En francophonie comme en christianisme, Littleton \u00e9tait un b\u00e2tisseur de ponts, \u0153cum\u00e9nique et pacificateur.<\/p>\n<p>[1] Yves Raibaud, \u00ab Armstrong, je ne suis pas noir\u2026 \u00bb, revue <em>Volumes<\/em> !, 8\/1, 2001, p.228.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si les publics francophones connaissent le Gospel depuis longtemps, c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 des &lsquo;passeurs&rsquo;, souvent protestants, qui ont su acclimater ce genre musical venu des Etats-Unis. Le plus grand d\u2019entre eux reste aujourd\u2019hui largement oubli\u00e9 : il s\u2019agit de John Littleton, natif de Louisiane. Quelle est son histoire ? 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