Yocontigo, projet éco-solidaire à Madagascar

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« Aide-toi et le ciel t’aidera ». L’œuvre francophone éco-solidaire accomplie à Madagascar sous l’égide de l’association Yocontigo Espérance Solidarité Internationale met en avant la responsabilité individuelle et communautaire. Une initiative qui fait école.

La présence coloniale française à Madagascar a laissé des héritages contrastés. Et pas que des bons souvenirs. Aussi les Eglises et œuvres protestantes françaises qui travaillent aujourd’hui avec leurs partenaires malgaches prennent elles leurs précautions. Elles cherchent, à juste titre, à ne pas tomber dans le schéma empoisonné du « sauveur blanc »[1]. Plus d’un demi-siècle après l’indépendance, l’heure n’est pas au paternalisme, mais à la collaboration. Anne et Joaquim Miranda, portés par une solide expérience du travail social et de l’engagement d’église au sein de la Fédération Baptiste (œuvre de l’AEBEJ), l’ont bien compris.

Dans une perspective solidaire et plurielle, nourrie par leurs valeurs protestantes et le soutien de l’Eglise baptiste de Soissons, dans l’Aisne, ils ont mis en place avec une équipe de bénévoles, depuis 2007, un projet de développement communautaire autogéré à Madagascar. Porté par l’association francophone Yocontigo Espérance Solidarité Internationale[2], cet éco-village malgache est désormais parvenu à maturité. C’est à Tsaratànana, commune malgache de la banlieue d’Antananarivo, que tout a commencé. Après l’achat du terrain, la mise en place d’un réseau de soutien et de financement, et les premières constructions, le village mis en place par Yocontigo Espérance et ses partenaires a accueilli peu à peu une vingtaine de familles malgaches désireuses d’un nouveau départ. 200 enfants fréquentent par ailleurs son école. La vie communautaire s’effectue sur la base d’une collaboration solidaire combinant habitat, culture, travail, éducation, dans une perspective écodurable où le partage et le recyclage sont des règles d’or. Joaquim et Anne Miranda, citoyens et chrétiens engagés, n’ont pas voulu confessionnaliser l’initiative. Si elle est portée par une vision évangélique assumée, celle d’un Dieu de grâce qui restaure et « fait toute chose nouvelle », elle ne s’enferme pas dans une logique missionnaire ou religieuse. Yocontigo Espérance s’inscrit dans une démarche inductive, par le bas. Ce sont les Malgaches qui s’approprient l’initiative, et qui œuvrent avant tout eux-mêmes à sa mise en place. En 2019, l’étape de la maturité est arrivée. De nombreux Malgaches font le déplacement, en autocar, pour découvrir cette communauté, notamment son jardin pédagogique, pour en tirer des leçons, s’en inspirer au quotidien.

Ce milieu de vie ne repose pas d’abord sur l’aide extérieure des ONGs et des missions, mais sur l’effort communautaire local : « Aide-toi, et le Ciel t’aidera ? » Ce proverbe, aux accents souvent « cliché », reprend ici son sens premier : il n’oppose pas Providence et travail personnel, mais lie l’effort individuel et communautaire (« aide-toi »), source de dignité, à une espérance supérieure.

Pour finir, signalons que l’œuvre entreprise par ne s’arrête pas à la mise en place locale d’une communauté solidaire. Elle revêt aussi un impact en France. Par le réseau de soutien mis en place, par de nombreuses actions de sensibilisation entreprises année après année, Yocontigo Espérance Solidarité Internationale contribue aussi, à son échelle, à la diffusion d’une culture solidaire en Europe francophone, via un exemple concret, réalisé, désormais autonome, d’émancipation par la solidarité communautaire.

[1] A ce sujet, voir le site https://nowhitesaviors.org/

[2] Site internet : https://www.yocontigo-esperance.org